SA VISION DU MONDE PAR CAROLINE CHALOIN — Vivre à Grenoble Magazine

Un voyage en Espagne, une baignade au lac de Paladru, une pause dans un café écossais… La jeune artiste américaine de 28 ans nourrit son ouvre de ses expériences personnelles. Sa peinture, entre figuration et abstraction, joue sur les tons vifs, les effets de matière et l’équilibre de la composition.

Elle est fascinée par les cours intérieurs, la végétation luxuriante, la lumière… « Je marche beaucoup dans la nature. J’adore regarder le soleil passer sur les montagnes, explique l’artiste, née à Long Island aux États-Unis et diplômée des Beaux-Arts de New York. La nature est la meilleure artiste au monde! C’est ma première source d’inspiration. »
Dans ses peintures figuratives, Dana Burns enchante le réel à la manière d’un Matisse ou d’un Hockney, qui comptent parmi ses artistes favoris.

« Je m’intéresse aux artistes contemporains de l’art figuratif américain » souligne Dana Burns

Elle part de ses propres photos – balades, scènes de vie (où elle apparaît aussi), paysages, intimité de son appartement – pour composer ses tableaux. « Je ne souhaite pas leur donner un rendu photographique. C’est un point de départ qui m’apporte une structure », précise cette amoureuse de la langue française, arrivée à Grenoble en 2011. Elle laisse parler sa créativité directement sur la toile, selon une technique originale qu’elle a découverte au cours de son travail. « Je superpose entre quatre et cinq couches de peinture à l’huile ou à l’acrylique, visibles par transparence. Des couches de mat et des couches de vernis que je coule sur la toile pour apporter du brillant. J’adore les couleurs vives. » Comme cet effet de matière rose bonbon dégoulinant qui crée une dynamique dans son tableau intitulé “Ximénez de Enciso, Sevilla”. « J’ai fait tomber un peu trop de vernis sur la toile et il sèche très vite. » Entre vrais accidents et fausses imperfections créées par des coups de pinceau semblant-ils rapides – mais en réalité savamment posés – pour rendre un ciel menaçant, peindre les ombres, suggérer l’expression d’un visage… elle ne cache rien, ne tente pas de nuancer. Dans sa toile “Hemma café, Edinburgh”, la lumière apparaît par des aplats géométriques blancs chargés d’énergie.

DES MISES EN ABYME

La peintre voyageuse, issue d’une famille d’artistes et encouragée dès son plus jeune âge à créer, raffole des mises en abyme. Son tableau dans le tableau, une acrylique sur toile intitulée “L’observateur”, intrigue. « Je recherche la complexité et la profondeur », remarque-t-elle. Elle s’amuse avec les perspectives, l’intérieur/extérieur, déforme et déstructure l’espace.

 

Dana Burns, qui a participé à plusieurs expositions collectives à New York, commence à se faire un nom dans la région. Elle a déjà exposé à la Maison internationale à Grenoble, à la galerie Place à l’Art à Voiron, et s’apprête à investir l’annexe de l’École supérieure d’art de Grenoble en novembre.

Caroline Chaloin